L'Ombre d'une Inquisitrice

Tome 11 de L'Épée de Vérité

1er chapitre

La lecture de ce premier chapitre peut vous révéler des éléments importants sur l'intrigue des précédents tomes.

Pour la deuxième fois cette nuit-là, une femme venait de poignarder Richard.

Réveillé par la douleur, il saisit le poignet de la furie afin de l'empêcher de lui ouvrir largement la cuisse.

Une robe défraîchie boutonnée jusqu'au col couvrant son corps étique, la femme portait un fichu taillé dans un carré de tissu tout effiloché. A la lueur lointaine des feux de camp, Richard vit que cette tueuse potentielle, malgré ses joues creuses et sa maigreur maladive, avait le regard d'un oiseau de proie. La femme qui l'avait attaqué un peu plus tôt, toujours dans son sommeil, était plus en chaire et beaucoup plus forte. Mais son regard aussi brûlait de haine...

La lame que maniait la seconde femme était plus petite que celle de sa "collègue". Telle quelle, une fois recousue, la blessure serait longtemps douloureuse. Mais si le coup avait pu trancher le muscle sur presque toute sa longueur - l'intention de la tigresse, à voir la façon dont elle tenait son arme - les dégâts auraient été bien plus graves. Dans l'armée de l'Ordre, on ne s'encombrait pas d'esclaves écopés. Une exécution sommaire aurait guetté Richard, et c'était sûrement le plan originel de la femme. Ne pas le tuer, mais provoquer sa mise à mort...

Serrant les dents de colère tandis qu'il tenait le poignet de la tueuse dans son poing, le Sourcier lui tordit le bras pour la forcer à retirer la lame de la plaie. Lorsque ce fut fait, une goutte de sang tomba de la pointe acérée.

Richard n'avait aucun mal à maîtriser son adversaire. Contrairement à ce qu'il craignait, il ne s'agissait pas d'une tueuse entraînée. Sa soif de sang, cependant - ce désir vicieux d'ôter la vie à une proie - était aussi forte que celle des barbares qu'elle suivait depuis le début de leur terrible campagne.

Quand elle gémit de douleur, alors que le souffle des deux adversaires se transformait en nuage de buée dans l'air froid de la nuit, Richard résista à la tentation de se montrer clément. S'il la ménageait, la femme saisirait la première occasion de finir son sale boulot. L'effet de surprise avait joué en sa faveur, et il n'avait pas l'intention de lui donner un seconde chance. Avec les enragées de ce genre, il aurait fallu être d'une stupidité crasse...

Lui tenant toujours le poignet, il entreprit d'arracher son arme à la femme. Et tant que ce ne fut pas fait, il continua à lui tordre le bras. Sans le moindre effort, il aurait pu le lui casser - une punition amplement méritée - mais ce n'était pas le moment de se trouver avec une hystérique sur les bras. Qu'elle lui fiche la paix suffirait largement.

Dès qu'il l'eut désarmée, Richard la poussa en arrière.

Par miracle, elle réussit à ne pas s'étaler sur le sol.

- Vous ne battrez jamais l'équipe du grand Jagang le Juste ! cracha-t-elle. vous n'êtes que des chiens ! La vermine du Nouveau Monde ne peut rien contre nos glorieux champions !

Gardant un oeil sur la furie, au cas où elle sortirait de sous sa robe un second couteau, Richard regarda autour de lui, en quête d'éventuels complices. Il remarqua quelques soudards, au-delà du cercle de chariots de l'intendance, mais ils semblaient vaquer à leurs occupations sans se soucier ce qui arriverait à la femme au fichu.

Quand elle fit mine de lui cracher dessus - littéralement, cette fois - Richard bondit comme s'il voulait l'attaquer. Criant de terreur, elle recula vivement. Sans doute parce que affronter un homme réveillé et apte à se défendre ne lui disait rien qui vaille, elle eut un dernier regard furibond, se détourna et disparut dans la nuit.

La chaîne fixée au collier que le Sourcier portait autour du cou était bien trop courte pour qu'il ait pu atteindre la furie. Mais s'il le savait, elle ne s'en était pas aperçu, et la menace imaginaire avait suffit à la décourager d'insister.

Même au milieu de la nuit, le camp où la femme s'enfonçait furtivement grouillait d'activité. Telle une énorme bête affamée, il l'engloutie en quelques instants.

Pendant qu'une partie de leurs camarades dormaient, des soldats réparaient ou nettoyait du matériel, entretenaient ou fabriquaient des armes, cuisinaient ou s'empiffraient... Attendant la prochaine occasion de tuer, de violer et de piller, des centaines de soudards, assis autour des feux de camp, échangeaient des histoires salaces en vidant force pintes de bière. De-ci de-là, des costauds se battaient en duel histoire de déterminer lequel était le plus fort. Livrés à mains nues ou à l'arme blanche, ces combats faisaient chaque jour des dizaines de victimes. Loin de s'en inquiéter, les soldats n'en rataient pas un, pariant des sommes folles sur l'identité du vainqueur et le sort qui attendait le vaincu.

Entre les gardes qui patrouillaient sans cesse - prêts à intervenir en cas de problème vraiment grave -, les soudards en quête de distractions et les civils des deux sexes disposés à leur en fournir, le camp de l'armée de l'Ordre ne dormait jamais pour de bon.

De temps en temps, des curieux venaient jeter un coup d'oeil à Richard et à ses compagnons de captivité.

Au-delà des chariots, Richard pu suivre le manège d'une poignée de civils qui cherchaient désespérément à obtenir un peu de nourriture ou une pièce de cuivre. Passant de groupes en groupes, ils proposaient de jouer de la flûte ou de chanter pour les guerriers. D'autres offraient de les coiffer, de les raser, de s'occuper de leurs vêtements ou de leur faire de somptueux tatouages.

Le plus souvent, au terme d'âpres négociations, les femmes finissaient par entrer sous une tente en compagnie de quelque soudard en verve de lubricité. Une partie des hommes, en revanche, cherchaient des pigeons à détrousser. Et parmi ces prédateurs, plus d'un était parfaitement disposé à tuer...

Au centre du cercle de chariots, Richard était enchaîné avec un groupe de prisonniers venus participer au grand tournoi Ja'La. La plupart des coéquipier du Sourcier étaient cependant des soldats réguliers. Du coup, ils avaient le droit de dormir sous une tente réglementaire.

Toutes les villes gouvernées ou conquises par l'Ordre Impérial avaient leur équipe de Ja'La. Enfants, les soldats avaient appris à jouer dès l'instant où ils savaient marcher. Après la guerre, ils espéraient pratiquement tous faire carrière dans le sport préféré de l'Ancien Monde. Pour eux, le Ja'La dh Jin - le Jeu de la Vie - était une cause quasiment aussi importante que l'idéologie de l'Ordre.

Tout le monde partageait leur passion. Et comme le prouvait les deux récentes mésaventures de Richard, les vrais supporters étaient prêts à tuer pour aide leur équipe à gagner.

Comme les cités, les différents corps d'armée - voir les régiments - s'enorgueillissaient d'avoir une équipe victorieuse. Le général Karg, pour qui jouait l'équipe de Richard, n'était pas insensible non plus aux résultats. Pour lui, les triomphes sportifs n'étaient pas seulement une affaire de gloire. Les entraîneurs des meilleures équipes en tiraient une extraordinaire puissance. Quant aux joueurs, ils devenaient des héros couverts d'or et poursuivis par des légions de femmes prêtes à tout pour partager leur couche.

La nuit, Richard et ses camarades étaient enchaînés au chariot-prison dans lesquels ils voyageaient. Mais sur le terrain, le Sourcier était le marquer de l'équipe - autrement dit, l'attaquant de pointe - et le général Karg comptait sur lui pour brillait tout particulièrement lors du tournoi qui se déroulerait dans le camp même de l'Empereur.

La vie de Richard dépendait de ses prouesses sportives. Et jusque-là, il s'en était remarquablement bien tiré.

Ayant à choisir entre une exécution sordide et une poste dans l'équipe, le jeune homme n'avait pas hésité très longtemps. Mais le désir de survire n'était pas, et de loin, sa seule motivation. Il y en avait d'autres, et qui comptaient beaucoup plus à ses yeux...

Tournant la tête, Richard vit que son ami Léo le Roc, enchaîné au même chariot que lui, ronflait comme un sonneur. Meunier de profession, Léo était bâti comme un chêne et fort comme un taureau. Mais plus important encore, c'était un fin connaisseur du Ja'La...

Contrairement aux autres marqueurs, Richard imposait des entraînements quotidiens à ses équipiers. Certains de ces joueurs n'appréciaient pas, bien entendu, mais ils ne discutaient pas ses ordres. Même dans leur cage, alors qu'ils se dirigeaient vers le camp de l'empereur, Richard et Léo avaient passé des heures à discuter du jeu. Non contents d'analyser leurs erreurs et de mettre au point de nouvelles stratégies, ils avaient réussis, dans un espace pourtant exigu, à se maintenir en forme grâce à une série d'exercices.

Trop épuisé pour entendre le raffut perpétuel du camp, le Roc dormait comme un bébé, ignorant que des fanatiques, alarmés par leur réputation, rôdaient dans la nuit avec l'intention de les neutraliser avant même le début du tournoi.

Très fatigué lui-même, Richard avait pourtant somnoler de manière irrégulière.

Ces derniers temps, il avait du mal à dormir. Et pas à cause de sa situation présente, ni du tour plutôt inquiétant que prenait la guerre. Non, il s'agissait de quelque chose d'intime - un malaise permanent, insidieux et lancinant. Comme à l'époque où il avait été très malade, la fièvre menaçant de le tuer ? Peut-être bien, mais pas vraiment, en réalité... Si fort qu'il tente de l'analyser, son mal-être échappait à sa compréhension. Cela dit, harcelé sans cesse, il finissait par en perdre la santé et le goût de vivre...

En plus de cela, il y avait Kahlan, prisonnière de Jagang, non loin de là. Comment aurait-il pu dormir en la sachant exposée en permanence au danger ? Certains soirs, alors qu'il dormait avec Nicci autour d'un feu de camp, l'ancienne Maîtresse le Mort s'était laissé aller à des confidences sur Jagang et les traitements indignes qu'il lui infligeait. Aujourd'hui, ces récits hantaient le Sourcier...

De sa position, il ne voyait pas les "quartiers" de Jagang. Mais plus tôt dans la journée, en arrivant au camp, il avait aperçu le grand pavillon entouré - à distance respectueuse - de tentes d'officiers.

En passant, il avait vu Kahlan... Et réussi à plonger son regard dans ses magnifiques yeux verts. Un moment fugace mais suffisant pour emplir de joie et de soulagement l'âme du Sourcier. Après une si longue absence, il avait enfin retrouvé sa bien-aimé vivante ! Maintenant, il ne restait plus qu'à l'arracher aux griffes de Jagang...

A peu près sûr que la seconde furie ne rôdait dans les environs, Richard baissa les yeux sur sa blessure.

Rien de bien terrible, à dire vrai. S'il avait dormi comme une masse, à l'instar de Léo le Roc, il ne s'en serait sûrement pas sorti à si bon compte.

En d'autres termes, l'étrange sensation qui l'empêchait de fermer l'oeil venait de lui sauver la mise.

Si douloureuse qu'elle fut, sa blessure à la jambe n'avait rien de grave. En la comprimant, il avait enrayé l'hémorragie, et c'était l'essentiel. L'autre plaie, à l'omoplate, lui faisait également un mal de chien, mais elle aussi guérirait vite. Par bonheur, la lame de la première tueuse avait glissé sur l'os, n'atteignant aucun organe vital.

La mort avait rendu deux visites à Richard. Et par deux fois, elle était repartie les mains vides. Mais que disait-on déjà ? "Jamais deux sans trois" ? Il espérait bien que ce ne serait pas le cas, pour cette nuit...

Alors qu'il venait de s'allonger, se tournant sur le côte avec l'espoir de trouver le sommeil, Richard vit une ombre slalomer entre les chariots. Mais ce visiteur-là n'avait rien de furtif, et il vint d'un pas décidé se camper devant le Sourcier.

Le général Karg...

Avec la moitié droite du visage tatouée... Des écailles, afin de lui donner des faux airs de reptile...

En pleine nuit, l'homme était torse nu, une preuve que l'on venait de le tirer du sommeil. Pour la première fois, Richard vit que son épaule droite et sa poitrine, sur tout un côté, portait le même tatouage. Entre eux, le Sourcier et Léo avaient affublés le général d'un surnom - le crotale - qui lui allait décidément à merveille.

- Qu'as-tu donc à l'esprit, Ruben ? demanda Karg.

Depuis qu'il était prisonnier, Richard se faisait appeler Ruben Rybnik - un clin d'oeil à Zedd, son grand-père, qui avait naguère utilisé ce pseudonyme. Une saine précaution dans un environnement où son vrai nom, si on l'avait connu, aurait suffit à lui valoir une mort lente et douloureuse.

- Pour le moment, général, je cherche surtout à dormir...

- Tu n'as pas le droit de forcer une femme à coucher avec toi ! Ta dernière victime est venue me raconter tes turpitudes...

- Sans blagues ?

- Je te l'ai déjà dit et je le maintiens : si tu bats l'équipe de Jagang tu pourras te choisir une femme. En attendant, pas de dérogation à la règle ! Je ne tolère pas que l'on me désobéisse - surtout la vermine dans ton genre.

- Général, j'ignore ce qu'elle a voulu vous faire gober, mais en réalité, cette femme espérait me tuer pour assure la victoire des joueurs de Jagang.

Karg s'agenouilla et dévisagea longuement le marqueur de sa précieuse équipe de Ja'La.

- Tu mens très mal, Ruben...

Richard avait toujours sur lui le couteau pris à la tueuse. Pour l'heure, il le gardait dissimulé le long de son poignet, à la faveur de la pénombre. A cette distance, il aurait pu éventrer le général si vite que cet imbécile serait mort sans savoir d'où venait le coup.

Mais ce n'était pas le moment, parce que ça ne le rapprocherait pas de Kahlan, bien au contraire.

Sans cesser de regarde le général, Richard prit la lame du couteau entre le pouce et l'index. Désolé de devoir se séparer d'une arme, même si ridiculement petite, il la tendit à Karg, manche en avant.

- C'est pour ça que ma jambe saigne. Cette menteuse m'a frappé avec le couteau que voici.
Où m'en serais-je procuré un, si je mentais ?

Après avoir jeté un coup d'oeil à la plaie, sur la cuisse du prisonnier, Karg se saisit du couteau. Visiblement, il n'était pas mécontent d'être toujours de ce monde...

- Général, si vous voulez remporter le tournoi, il faut que je puisse me reposer. Quelques gardes me permettraient de dormir sur mes deux oreilles... Si une furie réussi finalement à me tuer, votre équipe n'aura pas une telle chance, sans son attaquant de pointe.

- Tu as une haute opinion de toi-même, pas vrai, Ruben ?

- Un point de vue que nous partageons, général... Sinon, pourquoi m'auriez-vous épargné à Tamarang, après j'ai taillé en pièce bon nombre de vos hommes ?

Karg prit le temps de la réflexion, puis il soupira :

- On dirait que le marqueur n'est pas seulement exposé sur le terrain... (Il se releva.) Tu auras une sentinelle, mais n'oublie pas que beaucoup de gens doutent de ton "génie". Après tout, notre équipe a perdu une fois depuis que je t'ai recruté.

Une défaite déplaisante, certes, mais parfaitement explicable. Pour sauver un de ses joueurs,  un prisonnier nommé York - Richard avait négligé de défendre son terrain.

Très bon technicien, York avait été la cible des joueurs adverses durant tout la partie. Finalement, ils avaient réussi à lui casser une jambe. Dans la version impériale du Ja'La, aucune règle n'interdisait les agressions de ce type.

Avec sa jambe cassée, York avait perdu toute sa valeur de joueur et d'esclave. Après qu'on l'eut porté hors du terrain de jeu, Karg l'avait égorgé sans cérémonie.

Pour avoir voulu protéger un joueur, interrompant ainsi l'action, Richard avait été exclu jusqu'à la fin de la rencontre. A cause de cette décision d'arbitrage, l'équipe du Sourcier avait perdu la partie.

- Selon ce que je sais, l'équipe de Jagang a elle aussi perdu une rencontre.

- Certes, mais le Juste a fait exécuter tous les coupables. Et sa nouvelle équipe réunit les meilleurs joueurs de l'Ancien Monde.

- Nous perdons aussi des joueurs, pour une multitude de raisons, et tous ont été remplacés. Les blessures sont très fréquentes, vous le savez bien. Dernièrement, un de mes équipiers s'est cassé la jambe. Avec les perdants, vous êtes aussi dure que Jagang, général...
Pour moi, l'identité des joueurs ne compte pas. Une partie perdu pour les gars de Jagang et une pour nous. L'égalité parfaite, quoi ! C'est tout ce qui compte pour moi : nos chances sont égales, et personne en mesure de nous vaincre à coup à sûr.

- Tu te crois à la hauteur des champions de Jagang ?

Richard ne capitula pas, soutenant sereinement le regard de son chef.

- Je vais nous qualifier pour la finale, général, et nous verrons bien comment tourneront les choses.

- Tu tiens tant que ça à te choisir une femme, Ruben ?

- Plus encore que vous l'imaginez, général...

Karg n'avait aucune possibilité de comprendre le discours à double sens de Richard.

Il voulait Kahlan, et tout le reste, à ses yeux, ne comptait presque pas. Pour libérer sa femme, il était prêt à tout, y compris à devenir le plus grand joueur de Ja'La de tous les temps.

Karg finit par capituler.

- D'accord, tu auras des gardes, et ils répondront sur leur vie de la sécurité de mes joueurs. Ça te va ?

Quand le général s'en fut allé, lui aussi engloutit par la nuit, Richard s'étendit de nouveau, laissant se détendre ses muscles douloureux.

Dans le lointain, des soudards organisaient déjà une périmètre de sécurité autour des chariots. Convaincu du danger par l'épisode du couteau, Karg était passé à l'action avec toute son efficacité coutumière.

Grâce à la furie au fichu, Richard allait pouvoir se reposer. Quand on ne craignait plus de se faire égorger dans son sommeil, récupérer des forces se révélait beaucoup plus facile.

Pour le moment, Richard était en sécurité, même s'il regrettait d'avoir du se séparer du couteau. Mais il lui restait celui de la première femme, soigneusement dissimulé dans sa botte.

Transis de froid, Richard se roula en boule sur le sol glacé. Sans sac de couchage ni couverture, il dut utiliser sa chaîne, plusieurs fois repliée, pour s'improviser une sorte d'oreiller.

L'aube n'était plus très loin. Mais il ne ferait plus chaud avant longtemps dans les plaines d'Azrith.

Rien que de très normal, le premier jour...

Oubliant le vacarme du camp, Richard pensa à Kahlan. Le souvenir de leur première rencontre, très bizarrement superposé au court instant où il l'avait aperçu, la veille, ramenant dans son coeur quelque chose qui ressemblait à de la quiétude.

Bercé par cette bienheureuse sérénité, le Sourcier s'endormit enfin...

Traduit par Jean Claude Mallé - © Bragelonne